Il y a quelques mois, nous vous révélions le nouveau plat tendance dans les restos de Washington : le burger aux sauterelles. L’entomophagie  - c’est-à-dire la consommation d’insectes - s’annonce en effet comme une solution prometteuse pour les régimes alimentaires composés de protéines animales traditionnelles, aujourd’hui accusés de nombreux vices. Rien d’étonnant, donc, à ce qu’ils envahissent désormais les rayons de la grande distribution européenne.

insectes-carrefourC’est le géant Carrefour qui a sauté le pas, avec pour pilote son magasin de Labège. En partenariat avec l’entreprise MicroNutris, spécialisée dans l’élevage d’insectes, il vient récemment de commercialiser des sablés à base de poudre de ver, des grillons aromatisés pour l’apéritif et même des vers de farine à consommer tels quels. Certains ont déjà la nausée… Et pourtant, tout le monde savoure de ces petites bêtes puisqu’à son insu, et selon une étude relayée par nos confrères du Soir, l’homme ingurgiterait en moyenne 500 grammes d’insectes par an, dissimulés dans les fruits, les confitures ou le pain. Sans compter que le rejet est avant tout culturel : dans de nombreuses parties du monde, les insectes sont consommés aussi naturellement que nous avalons une tranche de bœuf.  Oui mais quand même, diront les plus sceptiques, quand le pli est pris, difficile de se mettre en appétit devant une assiette de larves… Si l’aspect vous rebute, peut-être que les qualités nutritionnelles vous séduiront davantage. Outre des protéines de qualité, les insectes offrent en effet du fer, des vitamines et des acides aminés, tous indispensables au développement et au bon fonctionnement de l’organisme.

Reste néanmoins une question : combien ça coûte, tout ça ? C’est là que le bât blesse : à hauteur de 5 à 10 euros pour moins de 200 grammes de produit, mieux vaut avoir le porte-monnaie heureux pour devenir entomophage de plein gré. Au-delà des bonnes intentions alimentaires et écologiques, il semble que l’initiative flirte encore avec le coup marketing ou pâtisse d’une réalisation à petite échelle encore coûteuse… Patience !