14juillEntre Rohmer, Godard et les Charlots, un petit monde composé de joyeux drilles anticonformistes et tout à fait attachants prend place sous nos yeux pétillants. Bien sûr, c’est un peu le bazar… mais l’inventivité rafraichissante dont fait preuve Antonin Peretjatko et l’insouciance qui se dégage de l’ensemble l’emportent sur les maladresses d’un scénario foutraque et parfois un peu bancal. Le résultat est un objet malin, vintage, étrange et spontané qui donne une furieuse envie de partir sur les routes et faire enfin n’importe quoi. Car c’est bien de cela qu’il s’agit : prendre le contre pied de notre époque guindée et politiquement correcte, pétrie d’interdits et d’impossibles, une époque désenchantée ou chacun doit rester bien sagement à la place qui lui a été attribuée. En s’affranchissant de nos carcans modernes et de la morosité ambiante, La fille du 14 juillet souffle sur nos rêves fatigués un vent de liberté inespéré. Salvateur et réjouissant.

Benjamin Pechmezac