Beauty Bubble – une chaine de coiffure que l’on retrouve dans les centres commerciaux, le métro ou les gares – c’est rapide et pas cher… mais ça vaut quoi, au juste ? Entre deux rayons d’une grande surface, nous avons fait le test pour vous. A nos risques et périls.

A peine passée la porte invisible de ce salon miniature, la gentille coiffeuse vous fait asseoir. D’entrée de jeu, elle vous annonce la couleur : chez eux, il faut payer avant la coupe. Parce que c’est comme ça. Alors elle insiste lourdement pour vous vendre une carte d’abonnement à 40 euros. Lorsque vous lui dites que vous n’en voulez pas, elle vous explique du bout des lèvres que vous devrez payer plus cher que le prix annoncé sur l’affiche, soit 12 euros au lieu de 10. L’expérience commence mal mais vous êtes encore plein de bonne volonté.
La carte bleue encore chaude, elle dépose sur vos épaules une serviette noire pas très nette. Vous serrez plus fort le fauteuil. Pas de shampoing. Pas d’explication non plus. Alors que les haut-parleurs diffusent une promo sur les saucisses, la gentille coiffeuse dégaine une tondeuse, en vous priant de ne pas avoir peur. Elle se justifie : « je l’utilise à la place des ciseaux ou du rasoir pour que ce soit plus régulier ». Tout va très vite, elle n’a pas le temps de vous parler mais répond quand même à une cliente de l’hypermarché qui lui demande l’emplacement des BB crèmes.
Quelques coups de machine infernale plus tard, vous avez une coupe de moine, c’est à dire encore beaucoup trop de cheveux mais pas là où il faut. La mine défaite, vous lui demandez de recouper un peu ici ou là, elle fait semblant de s’exécuter, vous enlève trois poils pour la forme puis retire la serviette qu’elle avait posée de travers sur vos épaules huit minutes auparavant. Sans vous demander votre avis sur son travail, elle vous fait lever du fauteuil avant de vous pousser vers la sortie : « voilà, c’est quand même mieux comme ça ! Je ne coupe pas plus court derrière pour que ça fasse plus naturel ». Vous savez qu’elle n’a pas pris le temps de tailler vos favoris, de raccourcir les cheveux moches qui tombent sur votre nuque ou ceux qui font le contour de vos oreilles. Vos tifs sont encore trop longs et n’ont pas été désépaissis. Pourtant, vous baissez les bras et n’essayez plus de lui demander quoi que ce soit : il est évident qu’elle est programmée pour passer au client suivant, seulement 10 minutes après que vous ne vous soyez assis. La cadence mon ami, la cadence.

Des cheveux, j’en avais maintenant plein le visage, le cou, partout. De ces petits cheveux qui s’accrochent et qui piquent. Mais je n’ai pas eu droit au plumeau qui balaie les endroits recouverts de touffes. Coupe express, attentions express, oeil sur la montre, rentabilité maximum. D’un revers de la main, je remets ma tignasse en place histoire de ressembler à quelque chose. La personne qui m’attendait entre le rayon des pâtes et celui des conserves me demande en me voyant revenir : « tu ne devais pas aller chez le coiffeur ? ». Elle avait raison, la gentille coiffeuse : laisser les cheveux, ça fait plus naturel.


Ce récit relate l’expérience du rédacteur mais ne prétend pas refléter les pratiques de l’ensemble des Beauty Bubble.